
Découvrez les nouvelles publications d'articles scientifiques de plusieurs membres du Département de géographie de l'UQAM publiées dans le numéro spécial de juin 2026 de la revue L'information géographique sur les Spécialités et défis de la géographie québécoise contemporaine.
Parution | Juin 2026
EAN | 9782200936808
Éditions Armand Colin
90 pages
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BONNE LECTURE !
La géographie québécoise, un savoir territorialisé et territorialisant ?
Mario Bédard et Sylvie Joublot-Ferré
p. : 9-23
Résumé
La géographie québécoise est postulée autre car elle repose sur un savoir-être unique animé et signifié (i) par un site et une nature exceptionnels, (ii) par une situation inusitée à la croisée de multiples référentiels socio-historiques et disciplinaires, puis (iii) par une conception singulière du monde et de notre présence en celui-ci, façonnée pour partie par celle des Premières nations vivant au Québec. Foncièrement territorialisée et territorialisante compte tenu d’effets de lieu et de culture, la géographie québécoise s’apparente à un situated knowledge qui se serait édifié tel au fil de ses évolution et affirmation pour appréhender les particularités de son site et de sa situation, exerçant pour ce faire une conception de la nature et du territoire au diapason de son unicité. Il s’ensuit une différence ontologique et épistémologique que cet article cherche à démontrer.
Mots Clés
Géographie québécoise; savoir-être; situated knowledge; effets de lieu et de culture; ontologie, Épistémologie
Habiter avec les aléas du froid : avalanches de neige, inondations et aménagement du territoire québécois
Daniel Germain et Marilyne Gaudette
p.: 24-40
Résumé
Les avalanches et les inondations au Québec constituent deux expressions d’un même aléa nordique façonné par la variabilité hydronivale. Les avalanches relèvent d’un risque localisé où la faible mortalité masque un potentiel destructeur accru par le changement climatique et la fréquentation des versants. À l’inverse, les inondations, bien que familières, demeurent banalisées et rarement traduites en mesures d’aménagement préventif. Dans les deux cas, la gestion reste réactive, portée par des réformes post-crise et un manque de vision territoriale. Ce régime contraste avec les modèles européens, notamment français, où la culture du risque est plus institutionalisée. Le Québec incarne une approche nordique singulière, marquée par de fortes perturbations territoriales malgré une faible mortalité. Repenser ces risques impose une approche intégrée articulant observations scientifiques, mémoire des lieux et participation citoyenne, les savoirs vernaculaires renforçant une résilience territoriale propre à la nordicité.
Mots Clés
avalanches de neige ; inondations fluviales ; gouvernance territoriale ; culture du risque ; Québec
L’enclavement des eaux publiques du Québec
Rodolphe Gonzalès et Sébastien Rioux
p.: 41-59
Résumé
Cet article aborde une spécificité marquante de la géographie québécoise contemporaine : le paradoxe entre l’abondance de la ressource hydrique et son inaccessibilité. Malgré un domaine public couvrant 92 % du territoire et une abondance de lacs et de rivières, l’accès aux plans d’eau du Québec demeure difficile pour la grande majorité de la population. Cette recherche quantifie pour la première fois l’ampleur du phénomène de l’enclavement des eaux publiques par la propriété privée. Une méthodologie innovante croisant les données cadastrales, les informations foncières et la géométrie de l’hydrographie québécoise analyse la propriété riveraine autour de 624 plans d’eau dans 104 municipalités. L’analyse révèle un taux médian de privatisation des rives de 95,8 %, avec une accessibilité publique effective estimée à moins de 2 %. Ces résultats confirment une dépossession collective massive résultant d’une double fracture territoriale : l’éloignement du domaine public des milieux de vie et un enclavement foncier hérité de l’évolution historique de l’aménagement du territoire et du droit québécois de l’eau.
Mots clés
Québec; Accès à l’eau; enclavement; privatisation; fracture territoriale
Revisiter le développement territorial au Québec : privilégier le prisme de l’innovation sociale
Juan-Luis Klein
p.: 60 -78
Résumé
Ce texte analyse trois vagues d’innovations sociales qui ont façonné ce qui est désigné comme le « modèle québécois de développement ». La première vague a eu lieu dans les années 1960 lors du processus de modernisation appelé « Révolution tranquille ». La deuxième correspond à des réponses à la crise de l’économie industrielle à la fin des années 1970 qui génèrent le partenariat entre la société civile, les instances publiques et le secteur privé. La troisième est provoquée par la révision des politiques partenariales dans un processus de réforme néolibérale de l’État et de crise globale des modèles de gouvernance. Par l’intermédiaire l’exemple d’une expérimentation impulsée à partir de la municipalité rurale de Saint-Camille, les « Ateliers de savoirs partagés », il est démontré que cette réforme ouvre la porte à des innovations sociales inspirantes axées sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, le respect des milieux de vie, la reconnaissance des savoirs d’expérience et la participation. Par innovations sociales, nous entendons des changements institutionnels et organisationnels apportant des réponses à des besoins sociaux insatisfaits ou à des aspirations sociales non comblées.
Mots clés
Québec; innovation sociale; modèle québécois; gouvernance: territoire







