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Quel avenir pour le waterfront de San Francisco ? | Revue Urbanisme | Été 2016

ARTICLE | Été 2016

État des lieux, par Marilyne Gaudette, étudiante et chercheure, et Sylvain Lefebvre, professeur au Départtement de géographie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Les deux auteurs sont également chercheurs du GREF (Groupe de recherche sur les espaces festifs).

Revue Urbanisme | n401

urbanisme revue cover

Cliquer sur l'image pour consulter le sommaire de ce numéro de la revue urbanisme.

Résumé 

Le déclin des activités portuaires de San Francisco dans les années 1960 a mené à une requali cation de secteurs entiers, qui se sont orientés soit vers l’attraction touristique effrénée, soit vers une valorisation patrimoniale et environnementale.

La ville de San Francisco constitue un observatoire privilégié de l’évolution des pratiques d’urbanisation en front de mer car elle a expérimenté, depuis la seconde moitié du XXème siècle et à approximativement 25 années d’intervalle, deux grandes stratégies de reconquête de son espace portuaire, sur deux secteurs distincts. Alors que le premier projet de requalification a consisté en l’adoption d’un modèle américain de type Festival Market Place – par ailleurs typique des premières générations de waterfront –, le second, développé au cours des années 2000, a plutôt misé sur l’« authenticité » de l’espace en intégrant les nouvelles tendances en matière de revalorisation urbano-portuaire. Relevant de pratiques d’aménagement diverses en termes de reconquête et de réaffectation, ces deux opérations d’envergure offrent aux citadins des opportunités de réappropriation urbaine différenciées et inégales.
Les modalités de déterritorialisation de l’espace portuaire de San Francisco s’expliquent par l’influence de certains phénomènes et mécanismes globaux, mais aussi régionaux. Si la ville et le port ont, pendant quelques siècles, été caractérisés par un système d’interdépendance dû à la complémentarité de leurs fonctions et de leurs activités, la révolution rapide des transports maritimes a contribué à modifier considérablement la donne. Malgré les eaux naturellement profondes de la baie, les milliers de mètres carrés d’espace de stockage couvert et la forte présence de lignes de chemin de fer héritées de l’époque industrielle, le port traditionnel n’a pas été en mesure de s’adapter aux procédés de conteneurisation au cours des années 1960, qui nécessitaient une reconfiguration des installations sur de grandes superficies ainsi que des équipements spécialisés extrêmement coûteux.
Le port de San Francisco a également été confronté à la montée en puissance de celui d’Oakland qui, au tournant des années 1950, avait récupéré une part importante des activités industrielles et portuaires. C’est donc dans un contexte de forte concurrence régionale, mais aussi de restructuration économique globale, que l’économie de la ville s’est peu à peu réorientée vers le secteur des services (finance, assurances et immobilier), l’industrie portuaire s’étant essoufflée au point de devenir très secondaire.

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